jeudi 13 mars 2014

Héroïnes tribales : le combat des femmes pour la survie de leur peuple

A l'occasion de la Journée Internationale de la Femme samedi dernier, le site http://www.survivalinternational.org/ (organisation consacrée aux populations indigènes menacées) a publié une série de photos et de récits portant sur des femmes de part le monde qui se battent pour la reconnaissance, la survie et les droits de leur peuple et culture face à l'impérialisme occidental.  Ces histoires nous rappellent que peu importe leurs moyens, leur statut social, leur couleur de peau ou encore leur genre, certaines personnes trouvent toujours le courage de s'élever leur voix afin de défendre ce qui leur est cher. Voici quelques extraits de cette série.

Leonor Zalabata et les Arhuacos

C'est dans les montagnes aux pics enneigés de la Sierra Nevada de Santa Marta en Colombie que les Arhuacos vivent depuis des siècles. Ces montagnes leur sont sacrées et sont symbolique de leur identité : les Arhuacos se considèrent comme les «Grands Frères » de l'humanité car les montagnes leur apportent une conscience et sagesse mystique surpassant celle des autres peuples.
Leonor Zalabata est une représentante et leader pour les Arhuacos. Outre les nombreuses fonctions politiques qu'elle a occupée au sein de la tribu, elle sert également de voix pour son peuple au sein de la Colombie mais aussi pour les 101 autres peuples indigènes du pays. Dans les années 1990, les guérilleros communistes avaient établi un camp sur les terres des Arhuacos, commirent des violences à l'encontre de la population et assassinèrent de nombreux chefs locaux. Cela n'a pas empêché Leonor Zalabata de continuer son combat, bien au contraire. Elle travailla avec les Nations Unies autour des Droits des populations autochtones et elle est aujourd'hui candidate au Parlement Andin, institution politique de la Communauté andine des Nations, une organisation d'intégration régionale regroupant plusieurs pays d'Amérique du Sud.
« dans notre culture, nous disons que lorsqu'une fille naît, la montagne rit et les oiseaux pleurent .» Leonor Zalabata

Les femmes nénètses

Les Nénètses sont un peuple nomade de la péninsule Yamal en Sibérie, surnommée « l'extrême du monde ». Leur vie est rythmée par les conditions météorologiques extrêmes : temps sec et froid et des vents très forts et par les déplacements de leurs énormes troupeaux de rennes qui paissent sur les rares herbes de la toundra et doivent donc, pour ce faire, changer fréquemment d'endroit. Les Nénètses vivent en symbiose avec leur environnement naturel et leur culture est basée sur ces conditions de vie extrême. Ils se déplacent à dos de Renne ou en traîneaux avec leurs chiens qui servent également de bergers mais aussi de « nounou » pour les enfants. Malheureusement, ils sont menacés par le réchauffement climatique, la pollution mais également par l'industrie d'extraction de pétrole. Les femmes nénètses, en plus d'endurer une vie nomade rude et prenant part à toutes les tâches au sein de la tribu au même titre que les hommes, doivent maintenant affronter les menaces qui pèsent sur leur peuple.
Selon les paroles d'une femme nénètses : « Le renne est notre maison, notre nourriture, notre chaleur et notre transport .»

Les 3 dernières Akuntsues

Le Rondonia est la région agricole qui nourrit la croissance économique du Brésil. C'est entre ces étendues infinies de champs de soja et de pâtures que se trouve le petit morceau de forêt tropicale qui nous reste aujourd'hui de la gigantesque Forêt d'Amazonie et c'est également le dernier refuge des Akuntsus. Ce peuple amazonien est aujourd'hui réduit à cinq individus, la plupart d'entre eux ayant été massacrés par des tireurs embauchés par les fermiers afin de pouvoir occuper leurs terres.
Des 5 Akuntsus restant, 3 sont des femmes. En 2008, leur matriarche Ururu est décédée. D'ici quelques décennies quand les derniers Akuntsus auront disparus, c'est un peuple avec toute sa culture et sa richesse qui s'éteindra.

Xlarema Phuti et le peuple San


Les Sans (plus connus sous le nom Bochimans mais celui-ci est contesté de part son origine coloniale) occupent un vaste territoire au Sud de l'Afrique. Ils sont certainement le peuple le plus « indigène au monde » puisqu'ils vivent depuis plus longtemps sur leurs terres que n'importe quel autre peuple. C'est dans la réserve de chasse du Kalahari central qu'en 1980 furent découvertes des mines de diamants d'une richesse inégalable. Entre 1997 et 2002, les populations Sans ont été chassées de ces territoires et parqués dans des camps en dehors de la réserve, détruisant leur vie et humiliant leur culture. L'ancien président du Botswana, Festus Mogae, a même déclaré « comment peut-on avoir des créatures vivant comme à l'Âge de Pierre à l'ère des ordinateurs ? » mais depuis un an maintenant, des femmes Sans retournent vivre dans la réserve mais subissent l'opression constante des autorités. Xlarema Phuti est une guérisseuse et elle est l'une d'entre elles.

Source : http://www.survivalinternational.org/galleries/tribalheroines#1
Site français de Survival International : http://www.survivalfrance.org/

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