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vendredi 6 juin 2014

Andrée Peel l'agent Rose : résistante et héroïne de la Seconde Guerre Mondiale

Il y a aujourd'hui 70 ans, les Forces Alliées débarquèrent en Normandie. Je profite donc de cet anniversaire pour vous parler d'une figure de la résistance, Andrée Peel.

Portrait de jeunesse d'Andrée Virot,
son nom de jeune fille
Moins nombreuses que chez les partisans grecs ou espagnols, les résistantes françaises ont néanmoins accompli des actes de bravoure décisifs. Andrée Peel, surnommée l'Agent Rose, a pour sa part sauvé la vie de 102 jeunes soldats et aviateurs et aura aidé plus de 20 000 autres Alliés.

WW2 heroine Andree Peel poses with the medals she won during her time as a French resistance fighter codename Agent Rose.
Andrée Peel posant avec ses nombreuses décorations

Activités au sein de la Résistance

Lorsque la Seconde Guerre Mondiale s'étend jusqu'en France, Andrée Virot a 35 ans et tient un salon de beauté à Brest. Lorsque les troupes allemandes arrivent jusqu'à sa ville, elle commet son premier acte de résistance en cachant des soldats français et en leur fournissant des vêtements civils qu'elle récupère en toquant aux portes de ses voisins. Quelque temps après, elle entend le fameux discours de Charles de Gaulle le 18 juin 1940. Le Général, depuis la radio de Londres, appelle les Français à prendre les armes contre les nazis. Elle commence alors avec des amis à distribuer clandestinement des journaux et livrets. Enthousiaste, elle s'engage corps et âme dans la Résistance en prenant en charge des missions de plus grande ampleur.  Elle prend les commandes d'une sous-section de l'organisation et joue le rôle d'informatrice auprès des troupes anglaises en leur fournissant de nombreuses indications concernant les mouvements navals des Allemands dans le port de Brest ainsi que des rapports militaires et des informations sur les déploiements de la Wehrmacht. Suite à ses actions, l'Agent Rose (son nom de code) reçoit une lettre de remerciements personnels de la part de Winston Churchill , qu'elle détruit après l'avoir lue. Mais son plus remarquable exploit est encore à venir. Avec son groupe, elle prend en charge l'organisation de pistes d'atterrissage pour l'aviation britannique et américaine.À l'aide de torches, son équipe guide les avions venus déposer et récupérer les aviateurs. Ces opérations ont permis  le sauvetage de 102 fugitifs selon les historiens.

Capturée par les nazis

En 1944, sentant le débarquement des Alliés imminent, les Allemands renforcent la sécurité et la surveillance de la population. Un résistant du groupe de l'Agent Rose est capturé et la dénonce. Suspecte, Andrée Virot s'exile à Paris et change d'identité. Malheureusement, la Gestapo l'arrête 3 jours après le débarquement des Alliés. Elle est soumise à la torture: noyade, chocs électriques et passage à tabac. Les séquelles de ces sévices la poursuivra toute sa vie durant.
Puis, elle est envoyée au camp de concentration de Ravensbrück, un camp réservé aux femmes.Elle échappe de justesse à la chambre à gaz grâce à l'aide d'une Polonaise qui avait subtilisé le numéro de Virot de la liste des prochaines détenues à être gazées.  Elle survit à Ravensbrück, contrairement à 90 000 autres détenues.Elle découvrira plus tard que les cendres des victimes étaient vendues aux fermiers de la région comme engrais.
L'entrée du camp de Buchenwald
L'Armée Rouge avançant, les détenues sont transférées à Buchenwald où elle jouit de conditions de vie un peu meilleure. Elle rentre en contact avec des prisonniers de guerre français travaillant dans les champs aux alentours et ces derniers réussissent à envoyer plusieurs lettres de sa part destinées à sa famille. Ces améliorations ne sont que de courtes durées: en avril 1945, sentant la défaite approcher, les Allemands décident de se débarrasser des preuves et donc des détenus. Andrée Virot et tous les autres sont alignés contre un mur, prêts à être fusillés. Virot ne doute pas un seul instant du sort qu'on lui réserve: elle savait que quelques instants avant elle, d'autres prisonniers avaient été exécutés par balle et même avec un lance-flamme. Tout à coup, des tirs se font entendre au loin. Un bataillon américain vient de prendre le camp et elle est libérée, échappant une fois de plus à une mort certaine.

Après la guerre

Libérée du camp de Buchenwald, Virot rentre à Brest. Découvrant que son père et son frère étaient décédés durant sa captivité, elle retourne à Paris. Elle y gère un restaurant et rencontre son futur mari, John Peel, un étudiant britannique de 20 ans son cadet. Elle déménage avec lui pour l'Angleterre, dans un village près de Bristol. Bien qu'Andrée Peel souffre toujours de douleurs physiques et est tourmentée par les souvenirs du camp de concentration, elle est animée par une énergie positive, voire même curative. Un jour, elle pose ses mains sur la jambe d'une femme ayant fait une chute et une guérison semble se produire, du moins Peel en est persuadée. Ce qui est sûr, c'est qu'elle a toujours semblé être en mission. "Mon chemin vers l'avenir s'est ouvert devant moi comme si j'étais guidée par une force divine". Andrée Peel n'a jamais perdu espoir même dans les heures les plus sombres. "Nous défendions la liberté. C'est une chose extrêmement précieuse c'est seulement lorsqu'elle nous est enlevée que l'on réalise son importance." Pour ses actes de bravoure, elle reçoit de nombreuses distinctions anglaises, américaines et françaises comme la Croix de Guerre et la Légion d'Honneur. En 1999, elle écrit un livre afin de transmettre la mémoire des prisonniers des camps qui n'ont jamais pu rentrer chez eux, intitulé "Miracles Do Happen". Le 5 mars 2010, Andrée Peel décède, alors âgée de 105 ans.

Sources:
http://www.telegraph.co.uk/news/obituaries/7407992/Andre-Peel.html
http://www.independent.co.uk/news/obituaries/andree-peel-french-resistance-fighter-who-helped-allied-airmen-evade-capture-in-occupied-europe-1936038.html
http://www.ouest-france.fr/andree-peel-lagent-rose-nest-plus-549909



dimanche 11 mai 2014

Grace Murray Hopper, informaticienne de génie et amirale de la marine américaine

Grace Hopper
Amirale Dr. Grace Murray Hopper
Si les membres de l'armée ne sont pas souvent reconnus pour leur prouesses intellectuelles (et ce à tort), l'Américaine Grace Murray Hopper reste l'exemple contemporain le plus fracassant de militaire dont le génie à su pousser en avant les recherches scientifiques et l'évolution technologique. L'amirale Grace Hopper n'est autre que l'inventrice du premier compilateur informatique, un programme permettant de traduire le code source (binaire) dans un langage de programmation plus accessible afin de faciliter le travail de programmation. En somme, Grace Hopper, surnommée "Queen of Software" ou encore "Grandma COBOL" (langage informatique qu'elle a développé) a posé les bases de la programmation informatique moderne.

Grace Hopper sur le plateau du "David Letterman Show" (en anglais)

Rencontre avec le premier ordinateur durant la Seconde Guerre Mondiale

Photo
Grace Hopper et ses collègues travaillant sur le Harvard Mark I
Née en 1906 à New York, Grace Hopper étudie puis enseigne les mathématiques et la physique au Vassar College et obtient son doctorat en mathématiques en 1934 à la prestigieuse université de Yale dans une promotion comptant uniquement dix doctorants (dont trois autres femmes). Il est à noter que le doctorat était un acomplissement beaucoup plus rare à cette époque qu'il l'est aujourd'hui. Elle reste professeur de mathématiques au Vassar College jusqu'à 1943, année où elle décide de participer à l'effort de guerre, les Etats-Unis ayant rejoint le conflit de la Seconde Guerre Mondiale en 1941 après l'attaque de Pearl Harbor par les Japonais. Elle intègre d'abord une école de réserve volontaire navale (United State Naval Reserve Midshipmen's School) où elle reçoit sa formation militaire puis elle rejoint une équipe de techniciens et scientifiques à l'Université de Harvard où l'on travaille sur le tout premier ordinateur numérique d'Amérique, le Harvard Mark I et Grace en écrit le manuel d'utilisation. Elle rejoint définitivement l'équipe du laboratoire d'informatique d'Harvard à la fin de la guerre.

Pionnière et visionnaire œuvrant pour la démocratisation de l'ordinateur

File:Grace Hopper and UNIVAC.jpg
Hopper travaillant sur l'UNIVAC I en 1960.
Pour Hopper, le Harvard Mark I s'apparente à un gadget, comme les réveils de poche de son enfance qu'elle démontait afin d'en comprendre le fonctionnement. Troisième programmatrice de cet ordinateur (et de ce fait, troisième programmatrice américaine de l'Histoire), sa fascination et sa persévérance, elle obtient sa première distinction militaire pour le développement naval grâce à son travail sur le Mark I, II et III. Néanmoins, Hopper, visionnaire, voit dans ces ordinateurs (pesant plus de cinq tonnes !) non pas une technologie exclusivement militaire mais un outil dont l'usage gagnerait à être démocratisé pour les entreprises civiles. Problème: le langage binaire utilisé dans le code source de la machine est incompréhensible pour un cerveau humain, il faut trouver un moyen d'en simplifier l'usage. En 1949, elle tente le tout pour le tout et fournit à certaines entreprises leurs premiers ordinateurs. Elle travaille alors sur l'UNIVAC I, premier ordinateur commercial, et encourage les programmeurs à partager des portions de code entre eux afin de gagner du temps et de faciliter la programmation. Ces toutes premières bibliothèques logiciellesrédigées à la main sont un gain de temps mais pour Hopper ce n'est pas suffisant. Il faut trouver un moyen de rendre le codage plus facile afin de rendre les ordinateurs populaires dans les entreprises. C'est à ce moment qu'elle décide de développer le tout premier compilateur utilisant la bande magnétique en 1952. Elle associe les codes binaires à des commandes qui, lorsque tapées sur l'ordinateur, sont recherchées par le programme afin de lancer le code, ce qui économise l'effort de taper le code entier. Aussi, cette invention n'est que le début puisque Hopper décide de pousser le concept encore plus loin en créant un langage informatique utilisant une synthaxe spécifique au codage mais utilisant des mots anglais pour désigner chaque commande. Ce langage appelé "FLOW MATIC" est donc le premier langage informatique qui servit plus tard de base pour la création du langage COBOL (dont elle participera au développement) en 1959, langage le plus utilisé par les entreprises encore de nos jours. Hopper réussit donc son pari: en créant le premier langage informatique , elle démocratisa véritablement l'usage des ordinateurs en ouvrant les portes de l'informatique aux utilisateurs n'ayant pas de diplôme de mathématiques.

Carrière et récompenses

Hommage à Grace Hopper sur les murs du Hagley Museum
Hopper continua son travail à Harvard et aida la marine américaine à développer les premiers programmes en COBOL. Elle fit aussi beaucoup de promotion auprès des entreprises pour les convaincre d'acquérir ses ordinateurs. Elle travailla comme consultante pour les entreprises et forma les premiers étudiants en informatique. Elle continua à servir dans la marine jusqu'en 1986 alors qu'elle était l'officier active la plus vieille (tous sexes confondus). Elle donna de nombreux discours et conférences tout au long de sa carrière afin de partager son expérience et ses connaissances. Elle reçu en 1969 la toute première récompense de la "Data Processing Management Association" en tant que "Homme de l'année"(!) dans la catégorie informatique. En 1971, la Sperry Corporation créa une récompense nommée en son honneur afin de récompenser les jeunes informaticiens ayant contribué au développement de l'informatique. En 1973, elle fut la première Américaine mais aussi première femme à être nommée membre distingué de la British Computer Society. Elle continua de travailler comme consultante et lectrice jusqu'à sa mort en 1992 à l'âge de 85 car selon elle, la plus belle récompense était de pouvoir former des étudiants et partager son savoir. "La chose la plus importante que j'ai accomplie, mis à part créer le compilateur, c'est d'avoir formé des jeunes gens. Ils viennent à moi et disent "pensez-vous qu'on puisse faire ça?" et je leur dis "essaye !". Je les encourage, ils en ont besoin. Je garde contact avec eux au fil des années et continue à les pousser afin qu'ils n'oublient pas de prendre des risques." 

Source: http://www.cs.yale.edu/homes/tap/Files/hopper-story.html

En savoir plus sur les femmes ayant contribué au développement de l'informatique? Voici quelques noms :

Susan Kare : développeuse de l'interface Mac (pour laquelle Steve Jobs reçoit si souvent les lauriers...) 
Hedy Lamarr : développeuse de la technologie sans fil et ... actrice !
Ada Lovelace : la première programmeuse, écrivant le premier algorithme en 1843 alors que l'ordinateur n'existait pas encore...
Mary Lou Jepsen : spécialiste du développement d'écrans, fondatrice de MicroDisplay et de l'organisanisation caritative One Laptop Per Child visant à fournir des ordinateurs bon marchés, écologiques et adaptés aux enfants
Roberta Williams : pionnière du jeu vidéo sur ordinateur
Radia Perlman : appelée un peu abusivement "la mère d'internet" mais développeuse de la technologie Ethernet ayant fortement influencé son développement
Dr. Erna Hoover : programmeuse dont le travail a révolutionné la téléphonie
Marissa Mayer : première femme ingénieure du moteur de recherche Google en 1999
Barbara Liskov : l'une des premières doctorantes en informatique, programmeuse d'Argus

Pour en savoir plus (en anglais) : http://www.biztechmagazine.com/article/2012/05/mothers-technology-10-women-who-invented-and-innovated-tech



mardi 25 mars 2014

Les Malgré-Elles, femmes alsaciennes incorporées de force par l'armée Nazie

Tout le monde connaît l'histoire des Malgré-Nous, ces Alsaciens et Mosellans incorporés de force dans les diverses factions de l'armée Nazie notamment impliqués dans le massacre d'Oradour-sur-Glane. Ce qui se sait très peu, c'est que de nombreuses femmes ont également été incorporées, on les appelle les "Malgré-Elles". La plupart d'entre-elles ont principalement remplacé les hommes dans le travail administratif afin de "libérer" ces derniers pour qu'ils puissent partir pour le front. D'autres ont travaillé dans les usines d'armement, mais il y avait également des femmes dans certains escadrons, dont Alice Wirth qui témoigne dans cette vidéo disponible sur le site de l'INA. En 2008, un mémorial aux Mélgré-Elles a été ouvert à Shirmeck afin de témoigner de cet événement. 70 Malgré-Elles étaient présentes à l'inauguration de ce mémorial et vous pouvez voir la vidéo ici.
La carte de travail obligatoire d'une Malgré-elle
La carte de travail obligatoire d'une Malgré-Elle

Petit ajout personnel sur les Malgré-Nous et l'identité nationale etou régionale des Alsaciens :
De nombreux Malgré-Nous avaient déjà combattu durant la Première Guerre Mondiale, mais sous l'uniforme français. Néanmoins, les similitudes entre l'identité régionale et l'identité du peuple allemand fait se poser la question de l'appartenance nationale: les Alsaciens et Mosellans étaient-ils (et sont-ils) des Français ou des Allemands? Ou peut-être tout simplement leur identité était autre, une identité à part entière, l'embryon une potentielle nation qui n'a pas eu l'occasion de s'exprimer et qui a au final été déchirée par les combats que se menaient deux Etats conquérants qui l'ont rattachée tour-à-tour à la France, tour-à-tour à l'Allemagne/Prusse. L'Alsace fait maintenant partie de la France et son identité si particulière incarnée dans sa langue risque bien un jour de disparaître si l'on n'y prend pas gare. Ce thème m'est très personnel car je suis moi-même née en Alsace et, bien que la nouvelle génération dont je fais partie s'identifie comme Française (par l'école, l'usage de la langue française, la citoyenneté mais aussi par la télévision et la culture en général), on ne peut pas dire de même des anciens. Mes grands-parents, nés durant la Seconde Guerre Mondiale, ont premièrement appris l'Allemand à l'école de façon obligatoire, puis le Français (l'usage de l'Alsacien ou de l'Allemand était sévèrement puni par les professeurs) mais surtout ils s'exprimaient (et s'expriment toujours) dans la langue régionale, prenant de la distance avec l'identité française mais rejetant en bloc toute association avec les Allemands. Il faut savoir que les Alsaciens et les Mosellans de cette génération ont énormément de rancoeur vis-à-vis de l'Allemagne suite à ce qui s'est passé durant la Seconde Guerre Mondiale. Il faut également rappeler que la plupart ses Alsaciens et Mosellans incorporés dans l'armée allemande et envoyés au Font-Est ne sont jamais revenus. Enormément de familles, dont la mienne, déplorent toujours la disparition de certains de leurs aïeux. Peut-être sont-ils morts sur le front, mais il est également probable que l'Armée Rouge les ait capturés et envoyés dans des goulags d'où ils ne sont jamais sorti. C'est une cicatrice qui se referme difficilement et qui illustre les dérives les plus absurdes du nationalisme.

(vidéo) Les héroïnes cachées de l'Armée Rouge

Au temps de l'Union Soviétique, le rôle de la femme a été bouleversé et ce de plusieurs manières. L'idéologie communiste se targuait de pouvoir mettre fin à la lutte des classes, et la hiérarchie entre hommes et femmes fait intrinsèquement partie de cette problématique. Evidemment, la réalité est bien différente car la fin de l'inégalité entre les sexes n'était évidemment pas au programme des bolchéviques mais plusieurs mesures en faveur de la femme (ou tout du moins changeant le statut traditionnel de la femme) ont été prises. Certaines de ces mesures concernent l'incorporation massive de femmes dans l'Armée Rouge, un fait très exceptionnel lorsqu'on le compare aux autres armées ayant pris part à la Second Guerre Mondiale  (bien que les femmes d'action étaient également présente chez les résistants mais également chez les Nazis et ce de gré ou de force). Je vous propose le documentaire L'ombre d'un doute: Stalingrad: les héroïnes cachées de l'Armée Rouge qui m'a été partagé par Frifox (voici son blog)  et qui raconte l'histoire de ces femmes endoctrinées mais qui se sont volontairement enrôlées afin de se battre pour leur pays.





dimanche 16 mars 2014

Présentation du blog "Françaises sous l'uniforme"

Internet peut s'avérer être une invention géniale lorsque des personnes passionnées se donnent la peine de partager leur savoir (et leur savoir-faire) et cela simplement par enthousiasme pour leur domaine. Les auteurs de Françaises sous l'uniforme, 1851-1993 font partie de ces gens là et leur blog est entièrement consacré aux femmes dans l'armée française. Vous y trouverez des articles très différents mais toujours autour de ce sujet : femmes célèbres, analyses de l'image et du statut de la femme militaire, les différents postes occupés par les femmes dans l'armée mais également une recherche détaillée sur les uniformes en tant que tels ainsi que des présentations de livres ou évènements culturels et même des interviews ave des spécialistes. Je vous invite donc à visiter leur blog riche en informations et n'hésitez pas à les contacter pour un coup de main ou plus d'informations sur leur sujet de prédilection. Ces historiens et collectionneurs sont en effet très aimables et ils se feront un plaisir de vous aider.

Voici un extrait de l'un de leurs articles qui recoupe également le thème des femmes guerrières.

Image : Fatima l'une des rares combattantes de l'armée française de la Grande Guerre (Mots-clés : Fatima, spahis, amazones, Première guerre mondiale)
Il faut remonter aux origines de la création du corps des spahis pour trouver une particularité de recrutement. Vers 1840, le spahi vit avec sa famille hors des quartiers (casernes) de cavalerie, sur des terres plus ou moins éloignées. Il ne rejoint son corps qu'en cas d'opération militaire. Mais cette possibilité ne dure pas, leur vie quotidienne s'établit alors dans les quartiers prévus à cet effet, tandis que leurs familles ne sont plus autorisées à les suivre lors des déplacements.

Fatima se trouve à droite du cliché, sur le cheval à robe claire. Elle porte le turban. Image tirée du Miroir numéro 81 du dimanche 13 juin 1915. 


C'est en rassemblant quelques escadrons auxiliaires de spahis Marocains que fut formé, en août 1914, le régiment de marche de chasseurs indigènes à cheval. Celui-ci prit le nom de régiment de marche de spahis marocains en 1915, nom qu'il conserve jusqu'en 1920. En France, ce régiment participe à la bataille de la Marne et se trouve engagé dans "la course à la mer" de décembre 1914, puis envoyé en Macédoine au sein de l'armée d'Orient. Il y est félicité pour le fameux raid sur Uskub (Skopje en langue slave) de septembre 1918 qui empêche le repli d'une partie de l’armée allemande venue aider Bulgares et Turcs.

Pendant la Grande Guerre, une femme d'Afrique du Nord se prénommant Fatima sert dans un régiment de marche de spahis Marocains. Déguisée en homme, en toute illégalité, afin de suivre son amant (un lieutenant), elle s'introduit dans un transport de troupes à destination de la France. Dans l’ouvrage Un homme d’aventures, tome 1 d’Henri Dupertuis, l’auteur mentionne ce fait rapporté par son père le général Dupertuis (alors lieutenant-colonel du régiment concerné). Malgré son déguisement et, certainement, la complicité d'autres spahis, elle est découverte à son arrivée en métropole. Qu'à cela ne tienne, elle n'est pas renvoyée en Afrique du Nord et se voit autorisée à demeurer avec les spahis le temps de leur séjour en métropole. Elle participe aux combats contre les Allemands, mais lorsque son régiment prend la direction de l'Orient, en 1918, elle rentre vraisemblablement au Maroc.

La photo de Fatima à cheval se situe au cours de la "course à la mer", fin 1914, lorsque, après la stabilisation du front, les spahis furent employés comme escorte des prisonniers Allemands ou pour le convoyage du ravitaillement.
Auteur : Alain Chiron* (adaptation et corrections de Frédéric Pineau)

*Alain Chiron est chroniqueur sur le site internet “Ceux de 14- Maurice Genevoix. Son texte est composé à partir d’informations fournies par le Musée des Spahis à Senlis (à qui appartient la photographie) et par ailleurs d’un échange avec Thierry Moné auteur du livre Du Burnous rouge au burnous bleu : les spahis du 1er Marocains dans la Grande Guerre. 

Source: http://femmesenuniforme.blogspot.nl/2012/09/image-fatima-seule-femme-combattante.html